La réponse courte
- En France, l’alimentation à domicile représente 15,6 % de la consommation des ménages (Insee, enquête Budget de famille 2017).
- Pour une famille de quatre (deux adultes, un ado de 14 ans, un enfant de 4 ans), une alimentation conforme aux repères nutritionnels coûte 894 € par mois en marques nationales et 800 € en choisissant le prix le plus bas de chaque produit (Familles Rurales, relevés 2025).
- Fixez votre budget courses à partir de vos trois derniers mois, comparez-le à un repère, puis visez environ 10 % de moins. Raisonnez à la semaine : c’est plus facile à vérifier.
- Les méthodes les mieux étayées : une liste tirée d’un menu, le prix au kilo, les marques de distributeur et ne pas faire ses courses le ventre vide.
Combien dépenser pour ses courses ? Les repères
Il n’existe pas en France de « budget courses officiel » comme les plans alimentaires du ministère américain de l’Agriculture. Deux sources donnent quand même des ordres de grandeur solides.
L’Insee mesure la place de l’alimentation dans le budget. Dans son enquête Budget de famille 2017 (la plus récente publiée à ce niveau de détail), les ménages consacraient 15,6 % de leur consommation à l’alimentation hors restauration, alcool et tabac, pour une consommation moyenne de 34 000 € par an. La part varie beaucoup : 17 % pour les ménages ruraux contre 14 % dans l’agglomération parisienne, où l’on mange davantage au restaurant. Et les 20 % de ménages les plus modestes y consacrent 6 à 7 points de plus de leur budget que les 20 % les plus aisés.
Familles Rurales chiffre chaque année un panier concret. Pour son Observatoire des prix 2025, publié en février 2026, 100 « veilleurs consommation » ont relevé les prix de 83 produits dans 135 magasins de 42 départements, en février, avril, juin et octobre. Le panier nourrit pendant un mois une famille de deux adultes, un adolescent de 14 ans et un enfant de 4 ans, en respectant les recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS).
| Panier Familles Rurales, 2025 | Coût mensuel, famille de 4 |
|---|---|
| Marques nationales | 894 € |
| Prix le plus bas relevé pour chaque produit | 800 € |
| Panier économique restreint (42 produits les moins chers) | 539 € |
| Bio | 1 314 € |
Marques nationales
Coût mensuel, famille de 4894 €
Prix le plus bas relevé pour chaque produit
Coût mensuel, famille de 4800 €
Panier économique restreint (42 produits les moins chers)
Coût mensuel, famille de 4539 €
Bio
Coût mensuel, famille de 41 314 €
Deux précautions. Ce panier ne comprend que l’alimentation : ni produits d’entretien, ni hygiène, ni boissons alcoolisées. Et le panier à 539 € suppose de manger moins varié (les fruits et légumes de saison les moins chers, poulet et porc, sardines et moules), en respectant toujours les catégories du PNNS. C’est un plancher, pas un objectif pour tout le monde.
Fixer son montant en quatre étapes
Un repère dit ce qui est raisonnable. Vos tickets disent où vous en êtes. Il faut les deux.
- Additionnez les trois derniers mois. Supermarché, marché, boulangerie, épicerie de quartier, drive : tout ce qui se mange à la maison. Si possible, mettez l’hygiène et l’entretien sur une ligne à part, sinon la comparaison avec les repères est faussée.
- Faites la moyenne. Trois mois lissent un anniversaire ou un gros plein de placards.
- Comparez au repère le plus proche de votre foyer. Pour un couple sans enfant ou une personne seule, retenez surtout la méthode et l’ordre de grandeur de 15 % de votre budget.
- Visez environ 10 % de moins, puis convertissez à la semaine. Budget mensuel × 12 ÷ 52 = budget hebdomadaire. Un montant par semaine correspond à un passage en magasin et se vérifie en caisse.
Les 10 % sont une règle empirique, pas un résultat de recherche : assez pour changer d’habitudes, pas assez pour finir le mois aux pâtes nature.
Un exemple de budget mensuel courses
Claire et Moussa vivent à Nantes avec leurs deux enfants, Inès, 14 ans, et Sami, 4 ans : exactement la famille type de Familles Rurales. Leurs courses des trois derniers mois : 880 €, 905 € et 930 €, soit 905 € en moyenne. C’est 11 € de plus que le panier en marques nationales, et 105 € de plus que le panier au prix le plus bas.
Ils se fixent 180 € par semaine. Sur un an : 180 € × 52 = 9 360 €, soit 780 € par mois. C’est 125 € de moins que leur moyenne, 1 500 € sur un an. Voici comment ils répartissent les 180 € :
- Grand plein de la semaine (liste tirée du menu)65 %117 €un seul passage, après le dîner, liste en main
- Frais (marché, pain, lait)20 %36 €un passage en milieu de semaine, avec liste
- Réserve placard (achats au prix au kilo)10 %18 €riz, huile, lentilles quand le prix au kilo est bas
- Marge5 %9 €un oubli, un invité, une hausse de prix
La ligne « réserve » compte plus qu’il n’y paraît. Sans elle, un sac de 5 kg de riz à bon prix au kilo fait exploser le budget de la semaine : on y renonce, et on paie plus cher au kilo ensuite.
Un modèle de menu de la semaine
La liste de courses doit sortir du menu, pas l’inverse. Copiez ce modèle, remplissez d’abord les dîners, puis écrivez la liste.
SEMAINE DU : __________ BUDGET COURSES DE LA SEMAINE : ______ €
DÉJÀ DANS LE FRIGO / CONGÉLATEUR / PLACARD (à utiliser d’abord) :
- ______________________________________________
- ______________________________________________
PETIT-DÉJ DÉJEUNER DÎNER
LUNDI __________ __________ __________
MARDI __________ __________ __________
MERCREDI __________ __________ __________
JEUDI __________ restes __________
VENDREDI __________ __________ __________
SAMEDI __________ __________ __________
DIMANCHE __________ __________ cuisiner double
LISTE DE COURSES (par rayon)
Fruits et légumes : ______________________________
Crèmerie / œufs : ______________________________
Viande / poisson : ______________________________
Épicerie : ______________________________
Surgelés : ______________________________
Autre : ______________________________
DÉPENSÉ CETTE SEMAINE : ______ € RESTE : ______ €
Deux règles le rendent efficace : prévoir un déjeuner « restes » et un dîner cuisiné en double, et commencer par noter ce qu’il y a déjà à la maison. Notre planning hebdomadaire à imprimer propose une version qui intègre les repas aux rendez-vous de la semaine.
Les méthodes qui font vraiment baisser la note
Faire un menu, puis une liste. Dans l’étude française NutriNet-Santé (40 554 adultes), les personnes qui planifiaient leurs repas avaient une alimentation plus variée et plus proche des recommandations (Ducrot et al., 2017). C’est une association, pas la preuve que la planification fait économiser, mais une liste issue d’un menu est le moyen le plus simple de ne pas racheter ce que vous avez déjà. Le gaspillage alimentaire, l’autre raison, est chiffré dans nos 30 astuces pour économiser.
Comparer le prix au kilo, pas le prix du paquet. Dans l’Union européenne, la directive 98/6/CE impose d’indiquer, à côté du prix de vente, le prix à l’unité de mesure : au kilo, au litre, au mètre. En France, l’arrêté du 16 novembre 1999 en fixe la liste pour les produits préemballés, dont la plupart des produits alimentaires. Ce prix figure sur l’étiquette du rayon. C’est le seul moyen honnête de comparer un format familial, un petit format et une offre « 2 achetés, 1 offert ».
Tester les marques de distributeur, un produit à la fois. Le relevé Familles Rurales donne un ordre de grandeur : pour le même panier, prendre le prix le plus bas de chaque produit plutôt que la marque nationale fait passer la facture de 894 € à 800 €, soit 94 € par mois (environ 10,5 %). Commencez par les produits simples : farine, sucre, tomates en conserve, légumes surgelés, lait, riz. Gardez la marque là où vous sentez vraiment la différence.
Ne pas faire ses courses le ventre vide, en sachant ce que dit vraiment la recherche. Vous avez peut-être lu que les clients affamés achètent plus de calories. Cette affirmation cite souvent un article d’Aner Tal et Brian Wansink paru en 2013 dans JAMA Internal Medicine. La revue l’a rétracté en novembre 2018, avec deux autres articles de Wansink, après des doutes sur la validité de ses travaux. Il ne faut donc plus s’y appuyer. D’autres travaux, plus modestes, vont dans le même sens. Dans une expérience néerlandaise en supermarché virtuel menée auprès de 94 étudiants, les participants impulsifs achetaient le plus de calories, surtout en grignotage, mais seulement quand ils avaient faim (Nederkoorn et al., 2009). Dans cinq études de laboratoire et de terrain, Xu, Schwarz et Wyer (2015) ont montré que la faim augmentait même l’envie d’acquérir des objets non alimentaires, comme des pinces double clip. Aucune de ces études ne mesure le ticket de caisse d’une famille. Faire ses courses après un repas ne coûte rien et supprime un risque.
Un seul grand passage, avec la liste. Chaque passage supplémentaire est une occasion d’achat imprévu. C’est pour cela que l’exemple ci-dessus ne prévoit qu’un grand plein et un passage court.
Comparer les enseignes une fois, pas chaque semaine. Relevez le prix de vos 20 produits habituels dans deux magasins, une fois. Ensuite, tenez-vous-en au moins cher.
Suivre son budget sans tableur
Un budget ne sert que si vous savez, en milieu de semaine, ce qui reste. Le plus pénible, c’est de noter chaque ticket. Avec Binome360, vous écrivez ou dites la dépense en une phrase, ou vous photographiez le ticket : le montant et la catégorie vous sont proposés, et vous confirmez. Vous pouvez fixer un budget par catégorie, par exemple Courses, et voir où vous en êtes.
Je t’envoie la photo du ticket de caisse
J’ai lu 96,40 € chez Leclerc, catégorie Courses, compte Carte, aujourd’hui. Je l’enregistre ?
Oui. Il me reste combien dans le budget courses ce mois-ci ?
Courses ce mois-ci : 512,30 € dépensés sur 780 €. Il reste 267,70 €.
Rien n’est enregistré sans votre confirmation. L’application ne se connecte pas à votre banque : vous notez vous-même, en une phrase ou en photo.
Essayer Binome360 gratuitementPour mettre ce budget en regard du reste, voyez comment faire un budget mensuel. Et pour prendre une photo de ticket bien lisible, suivez notre guide dédié.
Questions fréquentes
Quel budget courses pour une personne seule ?
Il n’y a pas de repère officiel français pour une personne seule. La méthode reste la même : moyenne des trois derniers mois, moins 10 %. Pour vous situer, le ministère américain de l’Agriculture ajoute 20 % au coût par personne quand on vit seul, car le coût par portion est plus élevé pour une personne que pour quatre.
Faut-il inclure l’hygiène et l’entretien dans le budget courses ?
Mieux vaut une ligne à part. Les repères de Familles Rurales et de l’Insee ne portent que sur l’alimentation ; si vous mélangez lessive et shampooing, vous vous croirez plus dépensier que vous ne l’êtes. S’ils sont sur le même ticket, séparez-les grossièrement en le notant.
Est-il moins cher de faire ses courses une fois par semaine ou tous les quinze jours ?
Aucune étude solide ne tranche. Moins de passages, c’est moins d’occasions d’achats impulsifs, mais un plein tous les quinze jours ne marche que si le frais se conserve ou se congèle. Beaucoup de familles font un grand plein par semaine et un petit passage avec liste.
Comment réduire son budget courses rapidement ?
Cette semaine : faites l’inventaire des placards, écrivez un menu, faites un seul plein après avoir mangé et remplacez trois produits de base par la marque de distributeur. La semaine suivante, comparez le prix au kilo de vos dix produits les plus achetés.
En résumé
Les repères de l’Insee et de Familles Rurales servent à vous situer, mais votre budget courses se fixe à partir de vos propres tickets, environ 10 % sous votre moyenne récente, et se suit à la semaine. Menu, prix au kilo, marques de distributeur et courses le ventre plein font le reste. Première action : ce soir, additionnez vos courses des trois derniers mois et divisez par trois.
Sources
- Alexandra Ferret et Elvire Demoly, « Les comportements de consommation en 2017 », Insee Première n° 1749, avril 2019 : insee.fr.
- Familles Rurales, « Observatoire des prix 2025 », dossier de presse, février 2026 : famillesrurales.org.
- Directive 98/6/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 relative à la protection des consommateurs en matière d’indication des prix : eur-lex.europa.eu.
- Arrêté du 16 novembre 1999 relatif à la publicité, à l’égard du consommateur, des prix de vente à l’unité de mesure de certains produits préemballés : legifrance.gouv.fr.
- USDA Food and Nutrition Administration, « Official USDA Food Plans: Cost of Food at Home », juillet 2026 (ajustements selon la taille du foyer) : fna.usda.gov.
- Pauline Ducrot et al., « Meal planning is associated with food variety, diet quality and body weight status in a large sample of French adults », International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, 14, 12, 2017 : doi.org/10.1186/s12966-017-0461-7.
- Aner Tal et Brian Wansink, « Fattening fasting: hungry grocery shoppers buy more calories, not more food », JAMA Internal Medicine, 173(12), 2013, article rétracté : Howard Bauchner, « Notice of Retractions », JAMA Internal Medicine, 178(11), 1450, 2018 : doi.org/10.1001/jamainternmed.2018.5761.
- Chantal Nederkoorn, Rosa Guerrieri, Remco Havermans, Anne Roefs et Anita Jansen, « The interactive effect of hunger and impulsivity on food intake and purchase in a virtual supermarket », International Journal of Obesity, 33(8), 905-912, 2009 : doi.org/10.1038/ijo.2009.98.
- Alison Jing Xu, Norbert Schwarz et Robert S. Wyer Jr, « Hunger promotes acquisition of nonfood objects », PNAS, 112(9), 2688-2692, 2015 : doi.org/10.1073/pnas.1417712112.
Également disponible en English.