La réponse courte
- Avant de facturer, sachez sous quel régime vous le faites : la création et la cession d’œuvres photographiques relèvent du régime des artistes-auteurs ; les photos scolaires, de groupe et d’identité relèvent de l’artisanat.
- Votre facture contient les mentions obligatoires habituelles, plus une description précise de la prestation (date, lieu, nombre d’images, format).
- Séparez les honoraires de prise de vue et la cession de droits d’auteur. Les droits cédés doivent être délimités : quels usages, quels supports, quel territoire, quelle durée.
- TVA : 5,5 % sur la vente d’œuvres originales, 10 % sur la cession de droits d’auteur, 20 % pour le reste. En franchise, mentionnez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
- Seuils de franchise 2026 : 50 000 € pour les artistes-auteurs (droits d’auteur et œuvres), 37 500 € pour les prestations de services d’une micro-entreprise.
Artiste-auteur ou micro-entreprise : la question à régler d’abord
Un photographe peut facturer sous deux cadres très différents, et beaucoup combinent les deux. Le choix ne dépend pas de vos préférences, mais de la nature de chaque activité.
Selon la Sécurité sociale des artistes-auteurs, relèvent de son régime les auteurs d’œuvres photographiques, quel que soit le support. Les rémunérations concernées comprennent notamment la vente d’œuvres originales (tirages signés, dans la limite de trente exemplaires), la location d’œuvres, et l’exercice ou la cession de droits d’auteur (reproduction, représentation), y compris quand ils sont versés par des particuliers.
Sont en revanche exclus : les photographes salariés, les journalistes pigistes rémunérés en salaire par la presse, et les artisans qui réalisent des photographies scolaires, de groupe ou d’identité.
| Activité | Cadre habituel |
|---|---|
| Commande d’une marque : prise de vue et droits d’usage des images | Artiste-auteur |
| Vente d’un tirage d’art signé et numéroté (30 exemplaires au plus) | Artiste-auteur |
| Reproduction d’une photo existante dans un livre ou un magazine | Artiste-auteur |
| Photos scolaires, de groupe, d’identité | Artisan (micro-entreprise ou autre entreprise) |
| Mariage, portrait de famille pour un particulier | À vérifier : la fiche de l’organisme ne tranche pas ce cas |
Commande d’une marque : prise de vue et droits d’usage des images
Cadre habituelArtiste-auteur
Vente d’un tirage d’art signé et numéroté (30 exemplaires au plus)
Cadre habituelArtiste-auteur
Reproduction d’une photo existante dans un livre ou un magazine
Cadre habituelArtiste-auteur
Photos scolaires, de groupe, d’identité
Cadre habituelArtisan (micro-entreprise ou autre entreprise)
Mariage, portrait de famille pour un particulier
Cadre habituelÀ vérifier : la fiche de l’organisme ne tranche pas ce cas
Pour les cas intermédiaires, comme le mariage, posez la question à la Sécurité sociale des artistes-auteurs ou à un expert-comptable avant d’émettre vos premières factures : le régime détermine vos cotisations, votre seuil de TVA et parfois la forme de la facture. Si vous exercez sous les deux régimes, tenez deux séries de factures et deux suivis distincts.
Les mentions obligatoires, version photographe
Une facture de photographe doit porter les mentions de toute facture : numéro unique et continu, date d’émission, date de la prestation, votre identité (avec « EI » si vous êtes entrepreneur individuel) et votre SIREN, l’identité du client, le détail des prestations, les montants, la TVA ou la mention d’exonération, la date d’échéance. Pour un client professionnel, ajoutez le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. La liste complète, mention par mention, est dans notre guide des mentions obligatoires d’une facture.
Ce qui est propre au métier, c’est la désignation. « Séance photo : 800 € » ne dit rien. Écrivez :
- la date et le lieu de la prise de vue ;
- la durée (demi-journée, journée) ou le nombre de looks, de produits, de personnes ;
- le nombre d’images livrées, leur format et leur mode de livraison (galerie en ligne, fichiers haute définition) ;
- les frais annexes sur des lignes séparées : déplacement, location de studio, retouches supplémentaires, tirages.
Prise de vue et droits d’auteur : deux lignes, pas une
La Sécurité sociale des artistes-auteurs le résume ainsi : les activités photographiques se facturent sous forme d’honoraires pour la réalisation de la prise de vue (au temps passé, au forfait à la journée…) et/ou sous forme de droits d’auteur, en contrepartie de l’autorisation d’utiliser l’œuvre pour une durée, une forme d’exploitation et une destination déterminées. Les deux peuvent figurer sur une facture unique.
Les séparer a trois avantages. Le client voit ce qu’il paie pour votre journée de travail et ce qu’il paie pour l’usage des images. Vous pouvez facturer plus tard une extension de droits (un usage publicitaire, un autre pays, une année de plus) sans refaire la séance. Et le taux de TVA peut différer d’une ligne à l’autre si vous y êtes assujetti.
Pour la cession elle-même, le Code de la propriété intellectuelle est exigeant. Son article L131-3 prévoit que chacun des droits cédés doit faire l’objet d’une mention distincte et que le domaine d’exploitation doit être délimité quant à son étendue et à sa destination, quant au lieu et quant à la durée. La facture n’est pas le contrat, mais elle doit reprendre ces éléments, ou renvoyer au devis ou au contrat signé qui les détaille.
CESSION DE DROITS D’AUTEUR — À REPRENDRE SUR LE DEVIS ET LA FACTURE
Œuvres : 12 photographies de la collection « Karité été 2027 » (réf. MK-01 à MK-12)
Droits cédés : droit de reproduction et droit de représentation
Supports : site internet de la marque, réseaux sociaux de la marque, newsletter
Exclus : affichage, presse, packaging, publicité payante (sur devis)
Territoire : France et Belgique
Durée : 2 ans à compter du 01/03/2027
Crédit : © Inès Moreau, à côté de chaque image quand le support le permet
Exclusivité : non exclusive
Ce modèle est un point de départ, pas un contrat type : pour une campagne importante ou une cession exclusive, faites relire le contrat par un juriste.
TVA : quel taux, et quand vous n’en facturez pas
Les taux applicables aux artistes-auteurs, selon Service Public Entreprendre :
| Opération | Taux |
|---|---|
| Vente d’œuvres d’art originales (tirages signés, 30 exemplaires au plus) | 5,5 % |
| Cession de droits d’auteur | 10 % |
| Autres opérations | 20 % |
Vente d’œuvres d’art originales (tirages signés, 30 exemplaires au plus)
Taux5,5 %
Cession de droits d’auteur
Taux10 %
Autres opérations
Taux20 %
Beaucoup de photographes n’en facturent aucune, grâce à la franchise en base. Les seuils 2026 :
- artiste-auteur, pour les livraisons d’œuvres et les cessions de droits : 50 000 € de chiffre d’affaires l’année précédente. Au-delà de 50 000 €, la franchise cesse au 1er janvier suivant ; au-delà de 55 000 € dans l’année, elle cesse en cours d’année. Les activités accessoires (ateliers, cours) ont leur propre seuil : 35 000 € ;
- micro-entreprise, pour les prestations de services : 37 500 €, avec un seuil majoré de 41 250 € au-delà duquel la franchise est perdue dès le jour du dépassement. Pour la vente de marchandises (tirages non considérés comme des œuvres originales, par exemple), le seuil est de 85 000 €.
En franchise, écrivez sur chaque facture : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », et un seul montant, sans ligne de TVA. Nos guides sur la facture d’auto-entrepreneur et la facture électronique obligatoire détaillent le reste des règles communes.
Un cas particulier : quand vos droits d’auteur sont versés par un éditeur ou une société de gestion collective, ceux-ci retiennent la TVA à la source pour votre compte (10 % diminué d’une déduction forfaitaire de 0,80 %, soit 9,20 % en métropole), sauf si vous avez renoncé par écrit à ce mécanisme.
Les cotisations des artistes-auteurs : ce que votre client fait de son côté
Quand un professionnel vous paie des droits d’auteur, il devient diffuseur. Il doit en principe précompter vos cotisations sociales, c’est-à-dire les retenir sur votre rémunération et les verser à l’Urssaf, sauf si vous bénéficiez d’une dispense de précompte (vous déclarez alors vos revenus en BNC et payez vous-même vos cotisations). Il paie aussi une contribution diffuseur, à sa charge : 1 % du montant brut hors taxes, plus 0,1 % pour la formation professionnelle (taux 2025).
Concrètement, avant la première facture à un client professionnel, dites-lui si vous êtes dispensé de précompte et envoyez-lui le justificatif. Cela évite qu’il vous verse moins que prévu, ou qu’il vous relance après coup.
Exemple : une facture de photographe artiste-auteur
Inès Moreau, photographe à Nantes, artiste-auteure en franchise de TVA, a réalisé une journée de prise de vue pour une marque de cosmétiques. Le devis accepté prévoyait une cession de droits pour le web et les réseaux sociaux.
| Désignation | Qté | Prix unit. | Total |
|---|---|---|---|
| Honoraires de prise de vue, studio, 1 journée | 1 | 650,00 € | 650,00 € |
| Retouche et livraison HD de 12 images | 12 | 25,00 € | 300,00 € |
| Cession de droits : web, réseaux sociaux, newsletter, France et Belgique, 2 ans, non exclusive | 12 | 40,00 € | 480,00 € |
| Location du studio | 1 | 120,00 € | 120,00 € |
TVA non applicable, art. 293 B du CGI. Détail de la cession : devis D-2027-0004. Paiement par virement à 30 jours. Escompte pour paiement anticipé : néant. Pénalités de retard : trois fois le taux d’intérêt légal. Indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement : 40 €. Dispense de précompte jointe.
- La désignation dit quoi, quand, combien d’images.
- La cession tient sur sa propre ligne, avec usages, territoire et durée.
- Le renvoi au devis signé reprend le détail exigé par l’article L131-3.
- Franchise : un seul montant et la mention 293 B.
- Pénalités et indemnité de 40 € : obligatoires face à un client professionnel.
Calcul : 650 + 300 + 480 + 120 = 1 550 €. Si Inès dépassait le seuil de franchise, la ligne de cession de droits serait soumise à 10 % et les autres lignes au taux qui leur correspond : c’est une raison de plus pour garder les lignes séparées.
Faire ses devis et factures de photographe avec Binome360
Dans Binome360, vous dictez ou tapez votre devis en une phrase ; votre binôme prépare le document avec la numérotation automatique, vos coordonnées et vos mentions légales en pied de page. Le client reçoit un lien, lit le devis, télécharge le PDF et l’accepte en ligne ; le devis accepté devient une facture en un geste. Rien n’est envoyé ni enregistré sans votre confirmation.
Devis pour Maison Keita : une journée de studio 650 €, retouche de 12 images à 25 €, cession web et réseaux sociaux France Belgique 2 ans à 40 € par image, location studio 120 €
Voici le devis préparé : 4 lignes, total 1 550 €, avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » de votre pied de page. La ligne de cession reprend usages, territoire et durée. Je l’enregistre et je prépare le lien à envoyer ?
Vous relisez chaque ligne avant de confirmer ; le lien part seulement si vous le partagez.
Essayer Binome360 gratuitementDites la prestation ; votre binôme prépare le document, vous vérifiez et confirmez.
- Numérotation automatique par type de document
- Coordonnées, mentions légales et taux de TVA dans le pied de page
- Quatre modèles aux couleurs de votre studio
- Lien public : le client lit, télécharge le PDF, accepte ou refuse le devis
- Devis accepté transformé en facture, factures en retard signalées
Binome360 n’est pas une plateforme agréée de facturation électronique et ne donne pas de conseil juridique ou fiscal : pour le choix du régime ou un contrat de cession important, adressez-vous à l’organisme compétent ou à un professionnel.
Questions fréquentes
Un photographe doit-il facturer la TVA ?
Pas s’il est en franchise en base : jusqu’à 50 000 € de droits d’auteur et de ventes d’œuvres pour un artiste-auteur, jusqu’à 37 500 € de prestations de services pour une micro-entreprise (seuils 2026). Il écrit alors « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Au-delà : 5,5 % sur les œuvres originales, 10 % sur la cession de droits, 20 % pour le reste.
Faut-il facturer les droits d’auteur à part ?
Ce n’est pas une obligation de forme, et une facture unique est possible. Mais une ligne distincte, qui précise usages, supports, territoire et durée, protège les deux parties et permet de facturer plus tard une extension de droits.
Un photographe de mariage est-il artiste-auteur ?
La fiche de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ne tranche pas explicitement ce cas ; elle exclut en revanche les photos scolaires, de groupe et d’identité. Posez la question à l’organisme ou à un expert-comptable avant de choisir votre cadre.
Qu’est-ce que la dispense de précompte ?
C’est le document qui permet à un artiste-auteur de payer lui-même ses cotisations, au lieu de les voir retenues par chaque client professionnel. Transmettez-le à vos clients avant la première facture.
En résumé
Une bonne facture de photographe commence par le bon régime (artiste-auteur, artisan ou les deux), décrit précisément la prise de vue, sépare les honoraires de la cession de droits et délimite celle-ci en usages, territoire et durée. Vérifiez ensuite votre situation de TVA et, face à un client professionnel, votre dispense de précompte.
Première action : reprenez votre dernier devis et réécrivez la ligne de droits d’usage avec les quatre éléments : usages, supports, territoire, durée.
Sources
- Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Les photographes », fiche pratique mise à jour le 18 janvier 2023 : secu-artistes-auteurs.fr.
- Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Les obligations sociales des diffuseurs » et « Taux de cotisations et de contributions des diffuseurs » : secu-artistes-auteurs.fr.
- Service Public Entreprendre, « Artiste-auteur : fiscalité (déclaration de revenus, TVA et CFE) », mis à jour le 20 février 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Service Public Entreprendre, « Franchise en base de TVA », 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Code de la propriété intellectuelle, article L131-3 : legifrance.gouv.fr.
- Code général des impôts, article 293 B : legifrance.gouv.fr.
Également disponible en English.