La réponse courte
- Pour vendre sur un marché hors de la commune de votre domicile ou de votre établissement, il faut une carte de commerçant ambulant : 30 €, valable 4 ans, demandée à la CCI (commerce) ou à la CMA (artisanat).
- La place se demande à la mairie ou au gestionnaire du marché : soit à l’abonnement (mois, trimestre, année), soit à la journée comme « passager ». Les droits de place sont fixés par délibération municipale.
- Chaque jour de marché, tenez une fiche de caisse : fond de caisse, ventes en espèces, ventes par carte, sorties d’argent, caisse comptée, écart.
- En micro-entreprise, les ventes de moins de 76 € à des particuliers peuvent être inscrites en un total global en fin de journée dans le livre des recettes.
- Comptez le stock au départ et au retour : c’est ce qui vous donne la marge produit par produit, et un contrôle de votre caisse.
Avant le premier marché : les démarches
Vendre sur un marché, c’est exercer une activité commerciale ou artisanale. Il faut donc d’abord une entreprise déclarée, souvent une micro-entreprise, via le guichet unique de l’INPI. Viennent ensuite deux autorisations propres au commerce ambulant.
La carte de commerçant ambulant. Elle est obligatoire si vous vendez en dehors de la commune où se trouve votre domicile ou votre établissement principal (articles L123-29 et R123-208-1 du Code de commerce). Si vous vendez uniquement sur le marché de votre propre commune, vous n’en avez pas besoin. La demande se fait auprès de la chambre de commerce et d’industrie pour une activité commerciale, ou de la chambre de métiers et de l’artisanat pour une activité artisanale, généralement avec le formulaire Cerfa n° 14022. Selon Bpifrance Création (fiche mise à jour en juillet 2026), la redevance est de 30 €, la carte est valable 4 ans, et un certificat provisoire d’un mois peut vous être remis dès que le dossier est complet. Vous devez pouvoir présenter la carte, ou le certificat, à tout contrôle. Un salarié ou un conjoint qui tient le stand doit avoir une copie de la carte, un document qui prouve son lien avec vous et une pièce d’identité.
L’autorisation d’occuper la place. Un marché se tient sur le domaine public : il vous faut une autorisation d’occupation temporaire, délivrée par la mairie ou par le gestionnaire du marché. Contactez-les avant de venir : pièces à fournir, règlement du marché, tarif. Sans réponse dans les deux mois, la demande est en principe considérée comme refusée.
Certaines activités ont des règles en plus. La vente d’alcool des 4e et 5e groupes est interdite aux marchands ambulants, et celle d’animaux de compagnie est interdite sur les marchés non consacrés aux animaux, sauf dérogation préfectorale. Pour l’alimentaire, renseignez-vous sur les règles d’hygiène propres à votre produit.
- Entreprise déclarée sur le guichet unique
- Carte de commerçant ambulant (ou certificat provisoire) si vous vendez hors de votre commune
- Autorisation d’occupation ou inscription auprès du placier
- Règlement du marché lu : horaires, montage, démontage, déchets
- Assurance responsabilité civile professionnelle vérifiée
- Fond de caisse préparé en petite monnaie
- Fiche de caisse du jour et liste du stock chargé
Abonné ou passager : comment on obtient une place
Sur la plupart des marchés, deux statuts coexistent. L’abonné a un emplacement fixe, qu’il paie au mois, au trimestre ou à l’année. Le passager, qu’on appelle aussi « volant », arrive le matin et reçoit une place libre, attribuée pour la journée par le placier, l’agent chargé de répartir les emplacements. L’article L2224-18 du Code général des collectivités territoriales prévoit ces deux modes d’attribution, et précise que les droits de place sont fixés par délibération du conseil municipal, selon un cahier des charges ou un règlement établi après consultation des organisations professionnelles.
Concrètement :
- Commencer comme passager coûte moins cher et vous laisse tester plusieurs marchés. En contrepartie, votre place change, et les jours d’affluence il peut ne pas y en avoir.
- Passer abonné donne une place fixe, où vos clients vous retrouvent. C’est un coût régulier, à payer même les jours de pluie.
- Demandez le règlement du marché : il dit souvent à partir de combien de présences un passager peut demander un abonnement, et ce qui se passe en cas d’absence répétée.
Les tarifs varient beaucoup d’une commune à l’autre, souvent au mètre linéaire, parfois avec un supplément pour l’électricité. Le seul chiffre qui compte est celui de votre marché : notez-le comme une dépense du jour, au même titre que le carburant.
La fiche de caisse du jour
Le soir d’un marché, la question est simple : combien ai-je vendu, et est-ce que la caisse est juste ? Pour y répondre, il faut séparer ce qui est une vente de ce qui ne l’est pas.
Le fond de caisse n’est pas une vente : c’est la monnaie que vous apportez le matin pour rendre la monnaie. Les sorties d’espèces (le droit de place payé en liquide, un rouleau de sacs acheté sur place) ne sont pas des ventes en moins, ce sont des dépenses. Et les paiements par carte ne passent pas par la caisse : ils figurent sur le relevé de votre terminal.
La formule est donc :
ventes en espèces = caisse comptée − fond de caisse + sorties d’espèces
Prenons Nadia, qui vend olives, tapenades, fruits secs et huile d’olive sur deux marchés de la région lyonnaise. Voici sa fiche d’un samedi, avec des chiffres d’exemple.
FICHE DE CAISSE — samedi, marché de la Croix-Rousse
Fond de caisse (matin) 150,00 €
Sorties d’espèces
Droit de place (exemple) 14,20 €
Sacs kraft 6,00 €
Total sorties 20,20 €
Caisse comptée (soir) 604,30 €
Ventes espèces = 604,30 − 150,00 + 20,20 = 474,50 €
Ventes carte (relevé du terminal) 318,00 €
TOTAL ENCAISSÉ 792,50 €
Ventes attendues d’après le stock 795,00 €
Écart −2,50 €
L’écart de 2,50 € n’est pas une catastrophe : une pièce rendue en trop, un prix arrondi, une barquette goûtée. Ce qui compte, c’est de le noter, et de regarder s’il se répète. Un écart qui revient chaque semaine, toujours dans le même sens, mérite qu’on cherche : erreur de prix affiché, rendu de monnaie trop rapide, vol.
Le stock au départ et au retour : la marge par produit
La ligne « ventes attendues d’après le stock » vient d’un geste simple : compter ce que vous chargez le matin et ce que vous rapportez le soir. La différence, c’est ce qui a été vendu (ou perdu). Multipliée par le prix de vente, elle donne le chiffre d’affaires attendu. Multipliée par le prix d’achat, elle donne ce que la marchandise vendue vous a coûté.
Voici la journée de Nadia, produit par produit :
| Produit | Prix de vente | Prix d’achat | Départ | Retour | Vendus | Ventes | Coût | Marge |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Olives, barquette 250 g | 4,50 € | 2,10 € | 60 | 18 | 42 | 189,00 € | 88,20 € | 100,80 € |
| Tapenade, pot | 6,00 € | 2,70 € | 40 | 15 | 25 | 150,00 € | 67,50 € | 82,50 € |
| Fruits secs, sachet | 5,00 € | 3,10 € | 80 | 20 | 60 | 300,00 € | 186,00 € | 114,00 € |
| Huile d’olive, 50 cl | 12,00 € | 7,20 € | 20 | 7 | 13 | 156,00 € | 93,60 € | 62,40 € |
| Total | 795,00 € | 435,30 € | 359,70 € |
Olives, barquette 250 g
Prix de vente4,50 €
Prix d’achat2,10 €
Départ60
Retour18
Vendus42
Ventes189,00 €
Coût88,20 €
Marge100,80 €
Tapenade, pot
Prix de vente6,00 €
Prix d’achat2,70 €
Départ40
Retour15
Vendus25
Ventes150,00 €
Coût67,50 €
Marge82,50 €
Fruits secs, sachet
Prix de vente5,00 €
Prix d’achat3,10 €
Départ80
Retour20
Vendus60
Ventes300,00 €
Coût186,00 €
Marge114,00 €
Huile d’olive, 50 cl
Prix de vente12,00 €
Prix d’achat7,20 €
Départ20
Retour7
Vendus13
Ventes156,00 €
Coût93,60 €
Marge62,40 €
Total
Prix de vente
Prix d’achat
Départ
Retour
Vendus
Ventes795,00 €
Coût435,30 €
Marge359,70 €
Ce tableau dit des choses qu’on ne voit pas en regardant la caisse :
- Les fruits secs font le plus gros chiffre (300 €) et la plus grosse marge en euros (114 €), mais le plus faible taux : 114 ÷ 300 = 38 % du prix de vente.
- La tapenade garde 55 % de son prix (82,50 ÷ 150) et les olives 53 % (100,80 ÷ 189) : ce sont les produits les plus rentables par euro vendu.
- L’huile immobilise de l’argent : 20 bouteilles à 7,20 €, soit 144 € de stock chargé pour 62,40 € de marge.
Le résultat de la journée n’est pas encore la marge. Il faut retirer les frais du jour : 359,70 − 14,20 − 6,00 = 339,50 €, avant carburant, commissions du terminal de paiement et cotisations sociales. Si vous voulez aller plus loin sur les calculs de taux, notre guide sur le taux de marque et le taux de marge détaille les formules. Pour repère, l’Insee mesurait en 2020 un taux de marque moyen de 39 % sur les éventaires et marchés.
Ce que la loi demande de noter
En micro-entreprise, un commerçant doit tenir deux registres, selon la fiche officielle de Service Public Entreprendre :
- un livre des recettes, chronologique, avec le montant, l’origine de la recette, le mode de paiement (espèces, carte, chèque) et la référence des justificatifs. Point important pour le marché : pour les ventes au détail à des particuliers d’un montant unitaire inférieur à 76 €, vous pouvez inscrire un total global en fin de journée (article 286 du CGI) ;
- un registre des achats, récapitulatif par année du détail de vos achats, avec le mode de paiement et les justificatifs.
Ces registres peuvent être tenus sur papier ou sous forme électronique, et se conservent 10 ans, comme les pièces justificatives. Une fois inscrites, les écritures ne se modifient pas. Il n’y a pas de sanction pour un registre non tenu, mais un registre falsifié relève du faux, puni jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.
Votre fiche de caisse du jour sert donc aussi de brouillon pour le livre des recettes : une ligne par marché, avec le total espèces et le total carte. Gardez aussi les factures de vos fournisseurs : elles alimentent le registre des achats et vos prix d’achat. Si votre argent perso et celui du stand passent par le même portefeuille, lisez notre guide pour séparer ses finances perso et pro.
Préparer la semaine : stock, monnaie, trésorerie
Un marché se prépare la veille. Trois choses suffisent.
- La liste de chargement. Partez de vos ventes des dernières semaines, pas de votre intuition. Si vous rapportez chaque samedi la moitié de l’huile, chargez-en moins et gardez l’argent. Notre guide de gestion de stock explique comment fixer un point de commande.
- Le fond de caisse. Toujours le même montant, en petite monnaie, préparé à l’avance. Le fait qu’il soit fixe rend la fiche de caisse plus simple.
- La trésorerie. L’argent encaissé le samedi doit payer le fournisseur du mardi. Déposez les espèces régulièrement plutôt que de les garder dans le camion, et notez chaque dépôt comme un transfert, pas comme une vente.
Noter la journée avec Binome360
Le vrai obstacle, c’est le moment. Au marché, on n’a pas le temps d’ouvrir un tableur. Le soir, on est fatigué. Dans Binome360, vous dites ou tapez la journée en une phrase, depuis votre téléphone, et votre binôme prépare les écritures. Rien n’est enregistré tant que vous n’avez pas confirmé.
Marché Croix-Rousse : 474,50 € en espèces, 318 € en carte, droit de place 14,20 €, sacs 6 €. Retour : 18 olives, 15 tapenades, 20 fruits secs, 7 huiles.
C’est préparé dans votre assistant « Stand » : 792,50 € de ventes (espèces et carte séparées), 20,20 € de dépenses, et les sorties de stock : 42 olives, 25 tapenades, 60 fruits secs, 13 huiles. D’après vos prix, ces ventes font 795,00 € : l’écart de caisse est de −2,50 €. Je l’enregistre ?
Vous confirmez, ou vous corrigez une ligne avant.
Essayer Binome360 gratuitementUne fiche par produit avec prix d’achat et prix de vente, des mouvements de stock dits en une phrase, et la marge produit par produit.
- Ventes en espèces et par carte notées dans des comptes séparés, tenus à la main
- Stock chargé et retourné : les ventes du jour se calculent
- Marge par produit pour voir ce qui rapporte vraiment
- Un assistant « Stand » séparé de votre argent personnel
- Un rappel récurrent pour la commande fournisseur du mardi
Binome360 n’est connecté ni à votre banque ni à votre terminal de paiement : vous reportez le total carte du relevé. Ce n’est pas non plus un logiciel de caisse certifié ; il vous aide à tenir vos comptes et votre stock.
Questions fréquentes
Faut-il une carte de commerçant ambulant pour vendre sur le marché de sa commune ?
Non. La carte n’est obligatoire que si vous exercez en dehors de la commune de votre domicile ou de votre établissement principal. Il vous faut en revanche, dans tous les cas, une entreprise déclarée et une place attribuée par la mairie ou le gestionnaire du marché.
Combien coûte une place sur un marché ?
Cela dépend entièrement de la commune : les droits de place sont fixés par délibération du conseil municipal, souvent au mètre linéaire, et diffèrent entre abonnés et passagers. Demandez le tarif et le règlement au service des marchés de la mairie avant votre premier jour.
Dois-je noter chaque vente dans le livre des recettes ?
Pas forcément. Pour les ventes au détail à des particuliers de moins de 76 € chacune, un total global en fin de journée suffit, en distinguant le mode de paiement. Les ventes plus importantes, ou à des professionnels, se notent une par une avec leur justificatif.
Comment savoir quels produits garder ?
Regardez la marge en euros par journée et le stock qu’il faut immobiliser pour l’obtenir, pas seulement le chiffre d’affaires. Un produit qui fait beaucoup de ventes à faible taux peut rester utile s’il attire les clients ; un produit cher qui revient chaque semaine bloque de l’argent. Deux ou trois mois de fiches suffisent pour voir la tendance.
Faut-il donner un ticket ou une facture au client ?
Pour une vente à un particulier, la facture n’est en général pas obligatoire, mais le client peut en demander une. Notre modèle de reçu de paiement peut servir de base.
En résumé
Vendre sur les marchés demande deux autorisations (la carte si vous sortez de votre commune, la place auprès de la mairie) et une discipline simple : un fond de caisse fixe, une fiche de caisse par marché, et un comptage du stock au départ et au retour. Avec ces trois gestes, vous savez chaque soir ce que vous avez vendu, si la caisse est juste, et quels produits font vraiment votre marge.
Première action : avant votre prochain marché, notez le nombre d’articles chargés pour chaque produit. Le soir, comptez ce qui revient.
Sources
- Bpifrance Création, « Commerce ambulant – Réglementation », fiche activités réglementées, dernière mise à jour le 9 juillet 2026 : bpifrance-creation.fr.
- Code de commerce, articles L123-29 et R123-208-1 à R123-208-8 (carte de commerçant ambulant) : legifrance.gouv.fr.
- Code général des collectivités territoriales, article L2224-18 (halles et marchés, droits de place) : legifrance.gouv.fr.
- Service Public Entreprendre, « Obligations comptables du micro-entrepreneur » : entreprendre.service-public.gouv.fr.
- Guillaume Arion, « Malgré la crise sanitaire, les taux de marge commerciale par secteur d’activité restent stables en 2020 », Insee Focus n° 284, Insee, 5 janvier 2023 : insee.fr.
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