La réponse courte
- Le Dry January (en France, le Défi de janvier) consiste à ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier. Il est né au Royaume-Uni en 2013 et existe en France depuis 2020.
- Dans une étude sur 857 participants britanniques, la participation était associée à une consommation plus faible six mois plus tard, y compris chez ceux qui n’avaient pas tenu tout le mois, et très peu buvaient davantage ensuite.
- Les repères français restent la boussole après janvier : pas plus de 10 verres standard par semaine, pas plus de 2 par jour, et pas tous les jours.
- Si vous buvez beaucoup tous les jours ou si vous avez des tremblements, des nausées ou de l’anxiété quand vous ne buvez pas, n’arrêtez pas brutalement seul : parlez-en à un médecin.
- Alcool Info Service : 0 980 980 930, appel anonyme et non surtaxé, 7 jours sur 7 de 8 h à 2 h.
Le Dry January, c’est quoi ?
Le principe est simple : zéro alcool du 1er au 31 janvier. L’idée a été lancée en 2013 par l’association britannique Alcohol Change UK. Selon l’association, 4 000 personnes y participaient la première année, et environ 200 000 dans le monde en 2025.
En France, la première édition du Défi de janvier a eu lieu en 2020, portée par des associations, des professionnels de santé et des sociétés savantes, en partenariat avec Alcohol Change UK. Santé publique France en a fait une évaluation qualitative, publiée en 2022, à partir d’entretiens avec 47 participants et 24 non-participants. Deux enseignements ressortent :
- la souplesse aide : beaucoup de participants se sont fixé leur propre objectif, de l’abstinence complète à une simple réduction, et ont adapté leurs sorties ;
- le regard des autres pèse : devoir expliquer sa démarche, faire face au scepticisme ou à l’insistance d’un entourage qui boit fait partie des freins.
Tous les participants interrogés disaient aussi avoir pris conscience de la place que prend l’alcool dans la vie sociale.
Les repères de consommation en France
Santé publique France fixe des repères de consommation à moindre risque pour les adultes :
- pas plus de 10 verres standard par semaine ;
- pas plus de 2 verres standard par jour ;
- des jours sans alcool dans la semaine.
Un verre standard contient 10 g d’alcool pur. C’est la quantité servie dans un bar pour un verre de vin, une bière ou un apéritif ; chez soi, les verres sont souvent plus remplis.
L’enjeu est réel : selon Santé publique France, l’alcool est la troisième cause de mortalité évitable en France, après le tabac et la pollution de l’air, avec environ 41 000 décès par an attribuables. La consommation a beaucoup baissé en soixante ans, de 26 litres d’alcool pur par habitant et par an en 1961 à 10,8 litres en 2022, mais la baisse ralentit.
Ce que disent les études
La plupart des études sur le Dry January viennent de l’équipe du psychologue Richard de Visser, à l’université du Sussex. Ce sont des études d’observation sur des volontaires : elles montrent des associations, pas des preuves de cause à effet. Leurs résultats sont néanmoins cohérents.
Six mois après. En 2016, dans la revue Health Psychology, l’équipe a suivi 857 adultes britanniques (249 hommes, 608 femmes) au début du défi, un mois plus tard et six mois plus tard. Six mois après, les participants buvaient moins souvent, en moindre quantité, et étaient plus sûrs de pouvoir refuser un verre, qu’ils aient réussi ou non tout le mois, même si les changements étaient plus nets chez ceux qui avaient tenu. Très peu de personnes déclaraient boire davantage ensuite : pas d’« effet rebond » notable.
Par rapport aux autres buveurs. En 2020, une étude a comparé 1 192 participants au Dry January à 1 549 adultes qui buvaient sans faire de pause. Les participants buvaient au départ davantage que la population générale et avaient moins de contrôle sur leur consommation. Les améliorations observées chez ceux qui avaient terminé le défi (santé perçue, bien-être, consommation) n’apparaissaient pas chez les autres buveurs, ni à court terme ni en août.
Le bien-être. Une autre étude de 2020, sur 4 232 participants, a trouvé une hausse du bien-être et du sentiment d’efficacité personnelle à la fin du mois, plus forte chez ceux qui avaient réussi. Recevoir et utiliser les e-mails de soutien du programme était associé à une meilleure réussite.
Ce qui aide à tenir. Une étude publiée en 2026 sur 634 inscrits (dont 410 ont répondu au suivi à un mois) a identifié plusieurs facteurs liés à la réussite, notamment : se sentir capable de refuser un verre, ne pas vivre avec d’autres buveurs, et faire le défi avec d’autres personnes.
Le corps. Une équipe hospitalière britannique a suivi 94 buveurs modérés à importants qui arrêtaient un mois, comparés à 47 qui continuaient (2018). Chez les abstinents, la résistance à l’insuline a baissé d’environ 26 % en médiane et la pression artérielle d’environ 6 % ; rien de tel dans le groupe témoin. Les personnes dépendantes à l’alcool étaient exclues de cette étude.
Avant de commencer : qui ne doit pas arrêter seul
Le Dry January s’adresse à des personnes qui peuvent arrêter sans danger. Le NHS est clair : arrêter brutalement peut être très dangereux quand on est dépendant à l’alcool. Les symptômes de sevrage (anxiété, troubles du sommeil, nausées, tremblements, et dans les cas graves confusion, hallucinations ou convulsions) apparaissent en général 6 à 12 heures après le dernier verre et durent 3 à 7 jours.
Si vous buvez tous les jours en quantité importante, si vous avez besoin d’un verre le matin, ou si vous ressentez ces symptômes quand vous ne buvez pas, parlez-en d’abord à votre médecin. Un arrêt peut être accompagné en toute sécurité. Alcool Info Service répond au 0 980 980 930 (anonyme, non surtaxé, tous les jours de 8 h à 2 h) et propose aussi un chat avec un professionnel.
Comment tenir tout le mois
Le Dry January est un bon exemple d’habitude à arrêter, et les méthodes décrites dans notre guide pour se débarrasser d’une mauvaise habitude s’y appliquent directement.
- Repérez vos moments à risque. Apéro du vendredi, dîner chez des amis, verre de vin en cuisinant, match à la télé. Écrivez-les avant le 1er janvier.
- Préparez une phrase de refus. « Je fais le Défi de janvier » suffit souvent. Dans les études de Richard de Visser, se sentir capable de refuser un verre est associé à la réussite du défi.
- Prévoyez une boisson de remplacement. Eau pétillante avec du citron, infusion, sirop peu sucré allongé d’eau. Avoir quelque chose en main aide en soirée.
- Écrivez un plan « si… alors… ». « Si on me propose un verre, alors je demande une eau pétillante. » « Si j’ai envie d’un verre en rentrant, alors je prends une douche d’abord. »
- Faites-le à plusieurs. Un conjoint, un collègue, un groupe d’amis : faire le défi avec d’autres est associé à une meilleure réussite.
- Si vous craquez, continuez. Un verre le 12 janvier n’annule rien. Dans l’étude de 2016, même les participants qui n’avaient pas tenu tout le mois buvaient moins six mois plus tard.
Suivre le mois comme une habitude
Suivre sa progression jour après jour rend le défi visible. Dans Binome360, vous créez l’habitude « Pas d’alcool » en une phrase. Chaque soir, votre binôme vous demande si vous avez tenu : vous répondez oui, ou vous racontez ce qui s’est passé. Vous pouvez aussi créer un objectif d’épargne avec l’argent que vous ne dépensez pas en verres.
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Et après janvier ?
Le vrai intérêt du mois est ce qu’il vous apprend : les moments où l’alcool est un automatisme, ceux où il vous manque vraiment, ceux où vous vous en passez sans y penser. Pour la suite, les repères de Santé publique France offrent un cadre : pas plus de 2 verres par jour, pas plus de 10 par semaine, et des jours sans alcool. Vous pouvez garder l’habitude « jours sans alcool » dans votre habit tracker, par exemple du lundi au jeudi.
Si le mois a été beaucoup plus difficile que prévu, c’est une information utile, pas un échec. Parlez-en à votre médecin ou à Alcool Info Service.
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Questions fréquentes
Le Dry January sert-il à quelque chose si je craque ?
Oui, d’après les études disponibles. Dans l’étude de 2016, les participants qui n’avaient pas tenu tout le mois buvaient aussi moins six mois plus tard, même si l’effet était plus net chez ceux qui avaient réussi. L’essentiel est de continuer après un écart plutôt que d’abandonner.
Est-ce que je risque de boire plus en février ?
Les données ne vont pas dans ce sens : dans l’étude de 2016, très peu de participants déclaraient boire davantage après leur mois d’abstinence. Préparer la suite (des jours sans alcool, des repères clairs) aide à garder les bénéfices.
Et si je bois tous les jours ?
Alors commencez par en parler à votre médecin ou à Alcool Info Service (0 980 980 930). Un arrêt brutal peut être dangereux en cas de dépendance, et un accompagnement permet de le faire en sécurité.
Faut-il arrêter l’alcool définitivement ?
Ce n’est pas l’objectif du Dry January. Le défi sert à faire le point sur sa consommation. Pour la suite, les repères officiels (2 verres par jour au maximum, 10 par semaine, pas tous les jours) sont un cadre ; certaines personnes, par exemple les femmes enceintes, ne doivent pas boire du tout.
En résumé
Le Dry January est un mois sans alcool qui, d’après les études de l’université du Sussex, est associé à une consommation plus faible et à un meilleur contrôle six mois plus tard, même en cas d’écart. Ce n’est pas un défi pour les personnes dépendantes, qui doivent se faire accompagner. Première action : notez dès aujourd’hui vos trois moments à risque de janvier et la phrase que vous direz pour refuser un verre.
Sources
- Santé publique France, « Alcool » (repères de consommation, mortalité, évolution de la consommation) : santepubliquefrance.fr.
- Santé publique France, « Consommation d’alcool : évaluation de la 1re édition du Défi de janvier – Dry January en France en 2020 », 23 février 2022 : santepubliquefrance.fr.
- Alcool Info Service : alcool-info-service.fr.
- Alcohol Change UK, « About Dry January » : alcoholchange.org.uk.
- R. O. de Visser, E. Robinson et R. Bond, « Voluntary temporary abstinence from alcohol during “Dry January” and subsequent alcohol use », Health Psychology, 35, 281-289, 2016 : doi.org/10.1037/hea0000297.
- R. O. de Visser et R. Piper, « Short- and Longer-Term Benefits of Temporary Alcohol Abstinence During ‘Dry January’ Are Not Also Observed Among Adult Drinkers in the General Population: Prospective Cohort Study », Alcohol and Alcoholism, 55, 433-438, 2020 : doi.org/10.1093/alcalc/agaa025.
- R. O. de Visser et J. Nicholls, « Temporary abstinence during Dry January: predictors of success; impact on well-being and self-efficacy », Psychology & Health, 35, 1293-1305, 2020 : doi.org/10.1080/08870446.2020.1743840.
- R. O. de Visser et al., « The influence of individual characteristics and social factors on not drinking alcohol during ‘Dry January’: results from a prospective study », Psychology & Health, 2026 : doi.org/10.1080/08870446.2026.2652425.
- G. Mehta et al., « Short-term abstinence from alcohol and changes in cardiovascular risk factors, liver function tests and cancer-related growth factors: a prospective observational study », BMJ Open, 8, e020673, 2018 : doi.org/10.1136/bmjopen-2017-020673.
- NHS, « Alcohol-use disorder », revu en 2026 : nhs.uk.
Également disponible en English.